Santé mentale des femmes au travail : l’urgence d’un nouveau climat social

En 2026, la santé mentale des salarié·es français·es s’améliore. Mais cette dynamique cache en réalité une profonde disparité : l’indice de bien-être des femmes, lui, reste en retrait. Décryptage d’une réalité où le sexisme et les inégalités environnementales minent silencieusement la santé des collaboratrices.

C’est le constat que dresse la Grande Enquête Ifop x Moka.care sur la santé mentale au travail. Entre 2025 et 2026, le score moyen de bien-être mental des salarié·es français·es a progressé de 3 points, passant de 59,8 à 62,8/100 en un an.

Mais les moyennes ont un défaut majeur : elles lissent les inégalités et masquent les réalités. Car derrière cette bonne nouvelle, une fracture persiste. L’indice de bien-être mental des femmes plafonne à 59,7/100 – soit 3 points de moins que la moyenne – accusant un retard net et persistant sur celui des hommes à 66/100.

Un écart qui ne s’explique ni par la biologie, ni par une supposée plus grande sensibilité des femmes. Mais par un environnement de travail structurellement plus hostile. Une réalité professionnelle qui fragilise durablement les femmes :

  • 73 % des travailleuses déclarent avoir déjà ressenti au moins un trouble de santé mentale lié à leur activité professionnelle, contre 62 % des hommes.
  • Le stress chronique imputable au travail touche 38 % des femmes, contre 25 % des hommes.
  • Les troubles du sommeil consécutifs à l’activité professionnelle affectent 55 % des femmes, contre 42 % des hommes.

Ces chiffres ne surgissent pas du vide. Ils sont la traduction psychique d’une réalité professionnelle, elle aussi documentée dans l’enquête. Car derrière les symptômes, il y a un contexte.

  • 57 % des femmes déclarent avoir déjà été victimes d’au moins une situation négative dans leur cadre professionnel (harcèlement, discrimination, propos sexistes ou sexuels) contre 49 % des hommes.

Ce n’est pas un détail. C’est l’empreinte mesurable d’un environnement qui expose davantage les femmes aux violences et discriminations. Le parallèle devient alors impossible à ignorer. Là où la surexposition aux comportements hostiles est tangible, les troubles psychologiques émergent. Pas par coïncidence. Par causalité.

C’est ce que l’on pourrait appeler une pathologie environnementale. La dégradation de la santé mentale des femmes n’est donc pas un problème individuel qui appellerait des solutions individuelles. La prévention commence ailleurs. Dans la sécurité psychologique du collectif. Dans des procédures de signalement fonctionnelles. Dans une culture managériale qui ne tolère pas les comportements hostiles.

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