L’économie du genre : la précarité comme outil de domination

La rémunération n’est pas qu’une question de justice sociale, c’est aussi une question de sécurité au travail. L’Observatoire 2026 de l’égalité femmes-hommes dans la culture et la communication, publié par le Ministère de la Culture, le confirme. Dans le spectacle et l’audiovisuel, les femmes gagnent en moyenne 14 % de moins que leurs homologues masculins à poste égal. Un écart salarial qui ne se réduit que très lentement, et qui, au-delà de l’injustice économique, crée les conditions d’une vulnérabilité accrue face aux VMSS.

 

Une invisibilité économique qui commence avec les droits d’auteur·rices

 

Cet écart de rémunération est le symptôme visible d’une inégalité qui s’installe dès la rétribution des œuvres. À la SACD, les femmes représentent ainsi 36 % des auteur·rices percevant moins de 5 200 € de droits annuels, et seulement 22 % parmi celleux qui dépassent 150 000 €.

À la Sacem, elles ne sont plus que 12 % dans la tranche supérieure à 20 000 € de droits annuels. Cette concentration des revenus chez les hommes structure directement les rapports de force au travail. Lorsque la stabilité financière dépend d’un réseau, d’un contrat ou d’un employeur unique, la capacité à signaler ou à quitter une situation de VMSS s’en trouve directement compromise. La précarité économique, ici, n’est pas un contexte, c’est un mécanisme de contrôle.

 

Précarité et vulnérabilité aux VMSS : un lien systémique

 

Ce déséquilibre se lit aussi dans les signalements. En 2025, 87 % des personnes entendues par la cellule d’écoute Audiens étaient des femmes. Un chiffre qui invite à considérer l’inégalité salariale et l’exposition aux VMSS non pas comme deux problèmes parallèles, mais comme les deux faces d’un même mécanisme.

La comparaison entre secteur public et secteur privé est d’ailleurs pertinente. Le ministère de la Culture affiche 95/100 à son index d’égalité professionnelle. Un signal fort.

Mais dans le privé, les chiffres racontent une autre histoire. L’écart atteint 24 % dans l’édition phonographique, 20 % dans le spectacle vivant privé et 20 % dans la distribution cinématographique. L’institution montre la voie, le terrain, lui, accuse un retard structurel que les obligations légales seules ne suffisent pas à combler.

Parce que la culture du respect se construit aussi dans les pratiques de rémunération et d’organisation du travail, l’Atelier Marcelle accompagne les structures avec une expertise de terrain.

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